Le 3 juillet 2019, quelques semaines avant son 90ème anniversaire, il a été permis à Norbert Herschkowitz de s’endormir paisiblement à son domicile. À la suite d’un AVC il a été soigné, ces dernières années, avec amour et attention à la maison par sa femme et compagne de voyage. La vie s’était apaisée autour de cet homme si actif jusqu’à un âge avancé.

Norbert Herschkowitz est né à Bâle en 1929 où il passa ses années scolaires pour faire, ensuite, ses premières expériences professionnelles en tant qu’aide de laboratoire chez CIBA Geigy. En parallèle il obtint sa maturité et débuta par la suite des études de physique à l’ETH Zurich. Lors de son activité à l’institut de radiologie il fut marqué par le contact avec des enfants gravement malades. Persuadé qu’il fallait, et qu’il était possible de mieux aider ces enfants si seulement on voulait intensifier la recherche, il donna une autre direction à ses études. Norbert Herschkowitz termina ses études de médecine en Suisse; plusieurs emplois qui lui permirent de financer son rêve, ainsi que des engagements cliniques en Suisse et en Israël, l’ont familiarisé tôt avec l’activité clinique. Très tôt il fut attiré par les secrets du fonctionnement cérébral. Dans une lettre écrite pendant ses premières années d’études à sa mère, il dit: «Ce qui m’intéresse aussi beaucoup: le lien entre le cerveau et les organes internes, l’activité du cerveau – l’organe qui fait de nous des êtres humains». Cette citation du jeune étudiant de médecine devint sans doute sa devise. Très tôt il découvre son amour pour les enfants et il souhaitait tout particulièrement apporter une aide aux enfants avec des troubles du développement, en s’employant à leur permettre d’être mieux intégrés dans notre environnement social, au lieu de passer leur vie dans une institution. Il était donc très fier d’avoir obtenu que des enfants handicapés mentaux aient pu faire leur confirmation à l’église.
Norbert Herschkowitz accomplit sa formation en pédiatrie à Buenos Aires et à Bâle, suivirent des séjours de recherche à Londres et à l’Université de Stanford en Californie. En 1969 il retourna en Suisse et à la Clinique pédiatrique universitaire Berne. Il y fut actif d’abord en tant que chef de département pour obtenir en 1982 le titre de Professeur ordinaire de l’Université de Berne. En tant que président de la European Society for Pediatric Research il en organisa le congrès annuel à Berne en 1981.

C’était pendant les premières années à Berne que Norbert Herschkowitz écrivit à sa maman: «Je suis en plein travail et je déborde d’activité. Il y a énormément de choses à planifier, à organiser et à faire avancer. Mon travail me plait beaucoup et je savoure chaque minute. Il faut vraiment que quelque chose se passe, il y a tellement de problèmes avec ces enfants qu’on ne peut tout simplement pas résoudre actuellement
Avec enthousiasme il s’engage en tant que neuroscientifique dans les recherches sur le cerveau humain, notamment les substrats biochimiques et leurs fonctions. Dans les années 1980, après des séjours de recherche à Londres, en Grande Bretagne et les États Unis, il était persuadé des possibilités de l’alors nouvelle technique IRM et s’est impliqué pour l’acquisition d’un appareil IRM à Berne.

À côté de  son activité de recherche, Norbert Herschkowitz demeura un pédiatre exerçant une activité clinique, dévouée à ses petits patients souffrant de troubles du développement. Encore aujourd’hui la neuropsychologie pédiatrique mondialement reconnue de la Clinique pédiatrique Berne témoigne de son rayonnement.

Même en tant que professeur émérite les questions liées au développement du cerveau continuent à l’absorber. Il continue ses recherches et élargit son intérêt au cerveau vieillissant. Il essaya aussi de rendre accessible ces connaissances intéressantes et complexes à un large public. De nombreux livres et conférences, publiés respectivement tenues avec sa femme Elinore, témoignent de cette riche activité. Pendant la décade du cerveau 1990-2000 il soutint de nombreux projets ayant pour objectif de divulguer les connaissances sur notre cerveau. La semaine du cerveau annuelle perdure jusqu’à aujourd’hui en Suisse,  avec elle Norbert Herschkowitz continue à vivre.

Nous espérons que la certitude que Norbert Herschkowitz a pu mener une vie épanouie, ce qu’il a maintes fois exprimé plein de gratitude, donne la force à son épouse, son fils, sa fille et leurs familles de faire face à ce difficile adieu.

Prof. Dr med. Norbert Herschkowitz, 1929 – 2019